samedi 24 octobre 2026

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Frappes saoudiennes à Sanaa : 11 morts, Houthis visent l'Arabie

Selon les médias houthistes, des frappes saoudiennes sur Sanaa ont fait au moins 11 morts ; les rebelles revendiquent des missiles et drones contre l'Arabie.

Une rue résidentielle calme dans une ville yéménite, avec des bâtiments en pierre et des étals de marché en plein midi.
Une rue résidentielle au Yémen, où des frappes aériennes signalées par les médias houthistes ont touché des habitations dans la capitale et ses environs. Illustration.

— Les frappes aériennes saoudiennes ont tué au moins 11 personnes à Sanaa, capitale du Yémen, et dans ses environs samedi, selon les médias houthistes, quelques heures après que la coalition menée par l'Arabie saoudite a affirmé avoir intercepté deux missiles balistiques tirés vers les villes saoudiennes de Taëf et Yanbou. La chaîne Al-Masirah, proche des Houthis, a fait état d'une série de ce qu'elle appelle des « frappes aériennes ennemies saoudiennes », dont une sur une maison ayant fait au moins quatre morts, et une autre frappe distincte sur un immeuble résidentiel destiné aux ouvriers d'une cimenterie dans le gouvernorat de Sanaa, qui aurait tué six femmes et un enfant.

Le quotidien The Hindu a donné un bilan plus élevé, rapportant les accusations houthistes selon lesquelles Riyad aurait tué 16 personnes lors de frappes sur Sanaa et sur le port de la mer Rouge de Hodeïda, où Al-Masirah affirme que cinq membres d'une même famille ont péri. Aucun de ces chiffres n'a pu être vérifié de manière indépendante, et les autorités saoudiennes n'ont pas immédiatement confirmé les frappes ni les attaques revendiquées contre le royaume.

Les Houthis revendiquent également une offensive beaucoup plus large. Leur porte-parole militaire Yahya Saree a affirmé que le groupe avait frappé l'aéroport international King Khaled de Riyad, une installation d'Aramco à Yanbou, la raffinerie de Rabigh, des stations de pompage de brut et le pipeline Est-Ouest, ainsi que les aéroports de Dammam et de Najran et une base aérienne à Khamis Mouchait, selon France 24. Il n'était pas clair si l'un de ces projectiles avait atteint sa cible ou avait été intercepté.

Au Yémen, le ministère de l'Intérieur du gouvernement internationalement reconnu a affirmé que deux missiles houthistes avaient frappé le siège des garde-côtes à Aden et qu'un troisième avait touché un bâtiment des garde-côtes dans le district de Tawahi de la ville. Saree a déclaré que ses forces avaient visé « des concentrations ennemies saoudiennes au prétendu camp Al-Nasr et à la base navale d'Aden », affirmant que des officiers saoudiens supervisaient une mobilisation sur place. La coalition menée par l'Arabie saoudite n'a pas immédiatement réagi à cette affirmation.

La Défense civile saoudienne a brièvement averti les habitants d'un « danger potentiel » à Taëf, Yanbou, La Mecque et Djeddah, leur demandant de « se rendre au lieu sûr le plus proche », avant d'indiquer environ 10 minutes plus tard que la menace était écartée. Plus tôt ce mois-ci, les Houthis avaient mis en garde les compagnies aériennes contre l'utilisation de l'espace aérien saoudien, en n'exemptant que le ciel de La Mecque et de Médine, et une attaque contre l'aéroport de Riyad a tué 13 personnes. Cette semaine, les États-Unis ont ordonné au personnel non essentiel de leur ambassade et à leurs familles de quitter le royaume, en invoquant la menace houthiste.

Cet échange a volé en éclats une trêve négociée par l'ONU en 2022, qui avait largement mis fin aux attaques transfrontalières dans une guerre à laquelle la coalition menée par l'Arabie saoudite a pris part en 2015. Les combats ont repris en juillet, à mesure que le conflit régional plus large, déclenché par les frappes américano-israéliennes contre l'Iran en février, s'est étendu ; les Houthis se sont emparés de l'ensemble du littoral yéménite de la mer Rouge lors d'une offensive le mois dernier. L'Égypte a suggéré d'envoyer des troupes pour aider à défendre l'Arabie saoudite, tandis que la Grande-Bretagne et la France ont proposé des forces. Pour les familles de Sanaa et de Hodeïda qui comptent leurs morts, et pour les Saoudiens réveillés par les alertes aériennes, la question est désormais de savoir si une puissance extérieure pourra stopper la prochaine salve.

Sources

Cet article s'appuie sur des reportages de :

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