Macao condamne Au Kam San, premier procès de sécurité nationale
Au Kam San, 69 ans, écope de 12 ans et 6 mois pour subversion, première condamnation sous les lois de sécurité nationale élargies en 2023 à Macao.

Macao — Un tribunal de Macao a condamné vendredi l'ancien député et militant pour la démocratie Au Kam San à 12 ans et 6 mois de prison pour subversion et d'autres infractions, première condamnation au titre des lois de sécurité nationale élargies par le territoire chinois en 2023.
Âgé de 69 ans, Au a coorganisé les veillées annuelles en mémoire des victimes de la répression de la place Tiananmen, à Pékin, en 1989 — des commémorations jusqu'alors tolérées uniquement à Macao et dans la région voisine de Hong Kong. Arrêté en juillet 2025, il a été jugé à huis clos ; le procès s'est achevé en septembre, au bout de 3 jours, selon The Hindu.
Selon un communiqué du tribunal, Au a été reconnu coupable de « subversion contre le pouvoir politique de l'État », entre autres infractions. Il aurait « fourni personnellement, pendant une longue période, une aide et une collaboration à des organisations hostiles étrangères » pour diffuser des documents qualifiés de subversifs, et cherché à « inciter à la haine des habitants de Macao à l'égard du gouvernement populaire central ».
L'Union européenne a condamné son arrestation l'an dernier, estimant qu'elle renforçait les inquiétudes quant à « l'érosion du pluralisme politique » à Macao. L'organisation Justice Abroad a indiqué en juillet que la famille d'Au, dont sa femme et ses 3 filles, n'avait pas été autorisée à le voir ni à lui parler depuis peu après sa détention, et n'avait reçu qu'un seul appel téléphonique d'moins d'une minute, le lendemain de son arrestation.
« Nous demandons seulement un procès équitable, une procédure régulière, et que ses plus de 3 décennies de dévouement envers la population de Macao ne soient pas effacées ni oubliées », a déclaré sa fille dans un communiqué cité par The Hindu.
Au était enseignant avant d'entrer en politique après la répression de 1989, convaincu que Macao devait devenir une société ouverte et démocratique. S'exprimant auprès de l'AFP en 2024, il a déclaré : « J'admets que dans le combat pour la démocratie, nous n'avons rien accompli, mais je crois en la semence et en la chance qu'on lui donne de grandir. »
Ce verdict a une portée qui dépasse Macao — où, comme à Hong Kong, où les poursuites pour sécurité se sont multipliées en vertu d'une loi distincte imposée par Pékin, les commémorations et la dissidence étaient longtemps restées une exception partielle. Le prochain point à suivre dans les tribunaux du territoire sera de savoir si Au fait appel de la peine.
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