jeudi 5 novembre 2026

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Joshua Wong condamné à 10 ans, nouvelle affaire de sécurité

Le militant, déjà incarcéré pour subversion, a plaidé coupable de collusion avec des forces étrangères sous la loi sur la sécurité de Pékin.

Un couloir calme devant une salle d'audience dans un bâtiment du gouvernement de Hong Kong
Un couloir du tribunal de Hong Kong, où des dizaines de personnes ont fait la queue pendant des heures pour obtenir une place dans la tribune du public. Illustration.

— Joshua Wong, longtemps le visage le plus reconnaissable du mouvement pro-démocratie de Hong Kong, a été condamné jeudi à 10 ans de prison pour collusion avec des forces étrangères, sa deuxième condamnation au titre de la loi sur la sécurité nationale que Pékin a imposée à la ville en 2020.

Wong, qui a eu 30 ans le mois dernier, a déjà passé près de 6 ans derrière les barreaux. Il purge une peine de 4 ans et 8 mois pour subversion, liée à une primaire officieuse, et devait être libéré en janvier 2027 avant l'ouverture de la nouvelle procédure, selon The Hindu. Il a plaidé coupable de collusion en septembre.

Le juge William Tam a déclaré avoir envisagé une peine de 13 ans comme point de départ, mais l'a réduite en raison du plaidoyer de culpabilité, estimant que l'infraction était d'une gravité certaine et que le rôle de Wong n'était pas limité. 2 mois et 2 jours de la nouvelle peine seront purgés en même temps que sa peine actuelle, selon la BBC.

Selon l'accusation, Wong a comploté avec d'autres militants, dont l'activiste en exil volontaire Nathan Law, pour faire pression en faveur de sanctions et de blocus étrangers contre Pékin entre juillet et fin novembre 2020. The Hindu rapporte que l'accusation a mis en avant ses rencontres avec des responsables politiques américains, dont Nancy Pelosi et Marco Rubio, en 2016 et 2019. Wong et Law ont cofondé Demosisto, un parti pro-démocratie aujourd'hui disparu.

Le chef de l'exécutif de Hong Kong, John Lee, a affirmé que Wong et Law figuraient « parmi les principaux responsables de la remise en cause de la prospérité et de la stabilité de Hong Kong ». Les critiques ont vivement contesté ce verdict. Elaine Pearson, directrice Asie de Human Rights Watch, a déclaré que le gouvernement « semble avoir adopté la tactique consistant à empiler les accusations contre des dirigeants pro-démocratie influents », qualifiant le jugement de « cruel et injuste ». Eric Lai, du Georgetown Center for Asian Law, a expliqué à The Hindu que les accusations de sécurité « peuvent être utilisées à répétition comme une arme pour maintenir un prisonnier politique précis en détention ».

Wong fait partie des centaines de personnes arrêtées en vertu de la loi depuis 2020, une période pendant laquelle des médias critiques ont fermé et des dizaines d'organisations de la société civile ont été dissoutes. La peine la plus lourde prononcée jusqu'ici au titre de la loi reste les 20 ans infligés à l'ancien magnat des médias Jimmy Lai, également pour collusion avec des forces étrangères. L'avocat de Wong, Derek Chan, avait demandé au tribunal de laisser à son client « un peu d'espoir », affirmant qu'il souhaite s'occuper de ses parents après sa libération ; avec la nouvelle peine, cette perspective se trouve désormais à au moins 10 ans.

Sources

Cet article s'appuie sur des reportages de :

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