mardi 27 octobre 2026

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Experts de l'ONU : Israël commet toujours un génocide à Gaza

Une commission de l'ONU affirme qu'Israël a étendu son contrôle sur Gaza et poursuivi des actes génocidaires depuis le cessez-le-feu. Israël rejette ces conclusions.

Une rue pavée de pierre dans une ville méditerranéenne à l'aube, avec des silhouettes lointaines qui marchent
Une rue calme de Jérusalem, où le rapport mandaté par l'ONU a été publié lundi. Illustration.

— Un cessez-le-feu à Gaza n'a pas mis fin à ce qu'un groupe d'experts indépendants mandatés par les Nations unies qualifie de génocide commis par Israël sur ce territoire, a indiqué l'équipe dans un rapport publié lundi. La Commission d'enquête sur le Territoire palestinien occupé affirme qu'Israël « poursuit la commission d'actes génocidaires avec l'intention génocidaire de détruire, en tout ou en partie, les Palestiniens de Gaza ».

L'essentiel du préjudice découle de l'extension de l'emprise israélienne plus profondément dans Gaza pendant la période de cessez-le-feu, selon le rapport, d'après CNA. Depuis octobre 2025, date de la signature du cessez-le-feu, les forces israéliennes sont passées de 53 % du territoire de Gaza à au moins 60 %, indique la commission. Durant cette période, les tirs israéliens le long du front en progression ont tué au moins 196 Palestiniens, dont 18 femmes, 32 garçons et 11 filles, ajoute-t-elle.

Le groupe accuse également des soldats et des gardiens de prison israéliens de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité en Cisjordanie, notamment d'extermination, de torture, de viol et d'autres formes de violences sexuelles, ainsi que de persécution de civils. La commission affirme avoir récemment recensé six cas de violences sexuelles commises par des gardiens contre des détenus masculins originaires de Gaza. L'Associated Press indique n'avoir pu corroborer de manière indépendante de nombreux témoignages d'agressions sexuelles contre des détenus palestiniens depuis octobre 2023, décrits dans le rapport.

Israël a rejeté catégoriquement ces conclusions. Sa mission à Genève a réclamé la dissolution de la commission et a déclaré sur X que le rapport était un exemple de « campagne de désinformation visant à diaboliser l'État d'Israël et à présenter son existence même comme criminelle ». Israël critique depuis longtemps les travaux de la commission et nie les accusations de génocide à Gaza ainsi que celles d'agressions sexuelles commises par ses forces, selon The New York Times.

La commission, qui cherche à documenter dans le moindre détail les allégations et les preuves de crimes afin de renforcer la responsabilité, affirme que ses conclusions pourraient être utilisées par les procureurs de la Cour pénale internationale ou dans d'autres juridictions pour tenter de rendre justice aux victimes et à leurs proches.

Le premier test est juridique et financier : il s'agit de savoir si les procureurs de la CPI s'appuieront sur le dossier de la commission, et si les soutiens d'Israël feront face à une pression renouvelée concernant les ventes d'armes et les liens commerciaux. Alors que la ligne de front continue de bouger et que le bilan des victimes s'alourdit sous une trêve nominale, la survie du cessez-le-feu, ainsi que les prochaines procédures à La Haye, diront si le rapport modifie le calcul de l'un ou l'autre gouvernement.

Sources

Cet article s'appuie sur des reportages de :

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