lundi 26 octobre 2026

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Gaz européen au plus haut depuis 2022, craintes sur l'hiver

Le gaz de gros atteint 97 € le mégawattheure, sous l'effet du froid, de stocks faibles et de craintes de perturbations au Moyen-Orient.

Réservoirs de stockage de gaz et tuyauteries d'un site industriel sous un ciel d'automne gris
Un site de stockage de gaz en Europe du Nord, où les réserves sont à leur niveau le plus bas depuis plus de dix ans. Illustration.

Les prix du gaz en Europe ont grimpé à leur niveau le plus élevé depuis 2022, alors que la baisse des températures, des stocks épuisés et les craintes d'une nouvelle perturbation de l'approvisionnement au Moyen-Orient coïncident avec la montée de la demande de chauffage en hiver. Le gaz de gros a atteint 97 € (81 £) le mégawattheure lundi, selon le Guardian.

Le contrat à un mois du Royaume-Uni a progressé de 4 % à 240 pence la therm, son niveau le plus élevé depuis décembre 2022, lorsque les prix flambaient encore après l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie. Les opérateurs anticipent une période plus froide sur le continent et une demande de chauffage plus forte.

Deux inquiétudes expliquent cette hausse. La première est géopolitique : des informations selon lesquelles les États-Unis et Israël auraient préparé des plans de nouvelles frappes contre l'Iran après les élections de mi-mandat américaines, un scénario que Wide World News suit de près, ont contribué à faire grimper le pétrole jusqu'à 117 dollars le baril vendredi. Le Brent a reculé d'environ 2 % lundi, mais reste au-dessus de 114 dollars. La seconde est arithmétique : les stocks de gaz européens sont remplis à environ 75 %, contre une moyenne saisonnière proche de 80 %, après le ralentissement des exportations depuis le Qatar et une forte consommation estivale pour la climatisation, qui a laissé les réserves à leur niveau le plus bas depuis plus de dix ans.

Le Royaume-Uni apparaît particulièrement exposé. Les régulateurs prévoient qu'il paiera certains des coûts énergétiques les plus élevés d'Europe cet hiver, en raison de sa dépendance aux importations et de certaines des plus petites réserves de gaz du continent, après des décennies de dépendance à la production de la mer du Nord. Selon l'Office for National Statistics, le Royaume-Uni a dépensé un record de 4 milliards de livres sterling en importations d'électricité sur l'année se terminant en août, dont la moitié pour de l'électricité en provenance de France. Il a également versé des paiements proches du record pour faire démarrer des centrales à gaz, tout en rémunérant des parcs éoliens et solaires pour qu'ils s'arrêtent, en raison de goulots d'étranglement sur le réseau.

Les ménages vont le ressentir directement. Les factures d'énergie britanniques devraient augmenter de 16 % en janvier, ce qui porterait la facture annuelle type dual fuel (gaz et électricité) à environ 2 000 £. Les marchés boursiers, du moins, ont accueilli la journée de lundi avec calme : le Stoxx Europe 600 a gagné 0,3 % et le FTSE 100 0,4 %, tandis que le pétrole reculait.

Le premier test interviendra en janvier, lorsque la hausse prévue de la facture se concrétisera, puis dans les semaines qui suivront les élections de mi-mandat américaines, où toute décision de frappes contre l'Iran pourrait soit dégonfler la prime de risque intégrée aux prix, soit la faire brusquement grimper.

Sources

Cet article s'appuie sur des reportages de :

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