La Chine élève le général Zhang Shengmin au Bureau politique
L'ancien chef de la lutte anticorruption de l'APL entre au Bureau politique, rétablissant un siège militaire resté vacant après une vaste purge.

Pékin — La Chine a promu le général Zhang Shengmin, l'officier qui a dirigé la campagne anticorruption de l'Armée populaire de libération, au Bureau politique, principal organe de décision du Parti communiste au pouvoir. Cette nomination a été annoncée jeudi à l'issue de la cinquième session plénière du 20e Comité central, selon le South China Morning Post.
Zhang a été le principal responsable de la lutte anticorruption de l'armée de 2018 jusqu'en juillet de cette année, orchestrant la campagne de Pékin contre la corruption au sein des forces armées. Il avait été promu l'an dernier vice-président de la Commission militaire centrale, la CMC, l'organe du parti qui commande l'armée et qui est présidé par le président Xi Jinping.
La purge qu'il a supervisée a vidé de leur substance les institutions auxquelles il se joint aujourd'hui. La CMC, en principe composée de sept membres, ne compte plus que deux hommes : Xi lui-même et Zhang. La campagne anticorruption a également emporté les deux précédents représentants militaires au Bureau politique, qui ont été disgraciés.
La promotion de Zhang rétablit donc un général de l'APL au Bureau politique, mais un seul. Il était d'usage que cet organe compte deux membres en uniforme ; l'annonce de jeudi laisse donc la représentation militaire au sommet du parti plus réduite que ne le veut la tradition.
Cet enchaînement illustre bien la manière dont fonctionne la politique des nominations à Pékin : une campagne anticorruption écarte les titulaires, et l'homme qui l'a menée prend leur siège. S'agit-il d'une consolidation du contrôle de Xi sur les forces armées, ou simplement d'un effet mécanique des limogeages ? Les communiqués officiels ne tranchent pas cette question.
La suite se joue davantage dans l'observation des postes vacants que dans celle des nominations. La CMC compte encore cinq membres de moins que son effectif complet, et le Bureau politique ne dispose toujours pas d'un second représentant militaire. Les promotions ou enquêtes annoncées autour de la prochaine session plénière indiqueront si la refonte de la direction de l'APL est achevée ou se poursuit.
Sources
Cet article s'appuie sur des reportages de :


