mardi 27 octobre 2026

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Finlande et Norvège : appel rare de leurs dirigeants à Poutine

Stubb et Støre ont eu un entretien de 90 minutes avec Poutine sur la fin de la guerre, premier contact européen de ce type depuis juillet 2025.

Un port tranquille à Helsinki par un matin d'automne couvert.
Un port d'Helsinki. L'appel des dirigeants nordiques à Poutine a été passé depuis la capitale finlandaise. Illustration.

— Les dirigeants de la Finlande et de la Norvège ont participé mardi à un entretien téléphonique commun de 90 minutes avec Vladimir Poutine, un contact direct rare entre le président russe et des dirigeants européens. Depuis Helsinki, cet échange visait à explorer « les négociations futures qui permettront de mettre fin à la guerre » en Ukraine, ont indiqué les services du président Alexander Stubb et du Premier ministre Jonas Gahr Støre.

Stubb et Støre ont insisté sur le fait qu'ils n'agissaient pas au nom de « l'Europe dans son ensemble », même si Støre a précisé que tous les alliés avaient été informés au préalable. Les deux pays partagent une frontière avec la Russie, et leurs services ont indiqué que l'appel visait à discuter de ce qu'ils qualifient de guerre d'agression menée par la Russie, ainsi que des efforts diplomatiques pour y mettre fin. Stubb a décrit l'échange comme « franc et substantiel », tandis que Støre a reconnu qu'il avait mis en évidence « de grandes divergences de vues ».

Le Kremlin a donné sa propre version. Poutine a affirmé aux deux dirigeants que les politiques « conflictuelles » de l'UE et de l'OTAN prolongeaient la guerre, et qu'une « paix juste et durable » ne serait possible que si les intérêts de la Russie étaient pris en compte, selon le South China Morning Post. Les trois parties sont convenues de poursuivre leurs contacts téléphoniques directs.

Tout le monde en Europe n'accueille pas cette initiative avec enthousiasme. La Première ministre danoise Mette Frederiksen a déclaré à la radiotélévision DR se montrer « très sceptique », estimant que ce dialogue n'avait pas été « coordonné avec aucun d'entre nous ». Le Polonais Donald Tusk a adopté un ton plus mesuré, affirmant que Stubb avait qualifié la position de l'Europe, à l'approche de prochaines discussions aux Émirats arabes unis, de « modérément optimiste ».

Cet appel s'inscrit dans un mouvement plus large. Stubb, Støre et le président ukrainien Volodymyr Zelensky ont rencontré l'envoyé spécial américain Steve Witkoff à Oslo la semaine dernière, avant que celui-ci ne se rende à Saint-Pétersbourg. L'Ukraine, la Russie et les États-Unis ont depuis accepté de reprendre des négociations trilatérales que Moscou avait gelées pendant plusieurs mois, selon la BBC. Zelensky, qui s'est entretenu avec les deux dirigeants nordiques après leur appel, les a remerciés pour leur « soutien actif ».

Stubb et Støre sont les premiers dirigeants européens à s'entretenir avec Poutine depuis l'appel d'Emmanuel Macron en juillet 2025, et plusieurs gouvernements européens plaident récemment pour des canaux directs avec le Kremlin, alors que la position de Washington sur la Russie s'adoucit. La prochaine échéance est prévue en novembre, date à laquelle les pourparlers trilatéraux doivent se tenir à Abou Dhabi — le moment où les déclarations sur la paix devront devenir des propositions.

Sources

Cet article s'appuie sur des reportages de :

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