Flávio Bolsonaro, battu, sommé de remettre ses passeports
La Cour suprême brésilienne interdit à Flávio Bolsonaro, candidat battu à la présidentielle, de quitter le pays dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent.

La Cour suprême brésilienne a interdit à Flávio Bolsonaro de quitter le pays et lui a ordonné de remettre ses passeports, quelques heures après que le sénateur d'extrême droite a perdu, dimanche, le second tour de la présidentielle face à Luiz Inácio Lula da Silva, et a refusé de reconnaître sa défaite.
Le juge Alexandre de Moraes, qui a également dirigé le procès pour tentative de coup d'État de Jair Bolsonaro, le père du sénateur et ancien président, a rendu la décision lundi, selon The Guardian. La brève ordonnance de la Cour fait référence à une enquête de la police fédérale sur une éventuelle implication de Flávio Bolsonaro dans un système de blanchiment d'argent lié au financement d'un film biographique sur son père, selon France 24. Il nie tout acte répréhensible. Le New York Times indique que la police a reçu l'ordre de saisir son passeport en raison de ses liens avec l'enquête.
Dans une vidéo publiée sur Instagram, Flávio Bolsonaro, âgé de 45 ans, a déclaré avoir reçu « une ordonnance me sommant de remettre mes passeports » et s'être vu interdire de quitter le Brésil, qualifiant cette mesure de « tentative claire de m'intimider ». Il affirme que la décision repose sur des propos de son frère Eduardo, ancien député installé aux États-Unis, qui avait déclaré que Flávio devrait quitter le Brésil s'il perdait, une affirmation que le sénateur dit n'avoir jamais faite lui-même.
Le sénateur a obtenu 48,2 % des voix contre 51,8 % pour Lula. Il a réitéré son intention de demander l'annulation du résultat, arguant que la prolongation des horaires de vote, dimanche, avait favorisé Lula, une mesure qu'il avait lui-même demandée. « Pour résister au chaos, je vais organiser l'opposition », a-t-il déclaré, promettant de diriger la résistance au gouvernement depuis l'intérieur du Brésil.
Son parti a adopté un ton plus conciliant lundi soir, publiant un communiqué qui reconnaît le résultat tout en réclamant des explications. « Nous reconnaissons le résultat de la présidentielle proclamé par la cour électorale, mais estimons que les questions soulevées doivent être clarifiées dans le cadre d'un débat politique équilibré et démocratique », indique le texte. Flávio Bolsonaro lui-même, comme son père il y a 4 ans, n'a toujours pas reconnu sa défaite, une position que nous avons suivie tout au long du second tour serré et de ses suites.
La prochaine étape consistera à savoir si la cour électorale examinera sa demande d'annulation, et si l'enquête pour blanchiment d'argent, désormais assortie d'une interdiction de voyager, débouchera sur des poursuites formelles.
Sources
Cet article s'appuie sur des reportages de :


