Trump attaque en justice la certification du Sénat en Alaska
Le ministère de la Justice veut empêcher l'Alaska de certifier son résultat sénatorial si le républicain sortant perd, à cause d'un homonyme.

Anchorage — L'administration Trump a porté plainte contre l'État de l'Alaska afin de l'empêcher de certifier le résultat de son élection sénatoriale si le républicain sortant perd de peu, en faisant valoir que les électeurs pourraient être troublés par la présence sur le bulletin d'un second candidat républicain au nom presque identique.
La plainte du ministère de la Justice, déposée jeudi devant le tribunal fédéral d'Anchorage, porte sur une course qui pourrait déterminer le contrôle du Sénat lors des élections de mi-mandat du 3 novembre. Le sénateur républicain sortant Dan S. Sullivan mène une campagne serrée face à la démocrate Mary Peltola, selon France 24. Les républicains détiennent une majorité étroite dans les deux chambres du Congrès.
La plainte vise un autre candidat, Dan J. Sullivan Jr, ancien employé du Service des forêts des États-Unis et enseignant, que le ministère accuse de se présenter « dans l'intention d'induire en erreur les partisans du sénateur Sullivan pour qu'ils votent pour lui ». Elle demande à un juge de bloquer la certification de tout résultat « susceptible d'être affecté par la confusion des électeurs » le temps d'une enquête.
Vendredi, Trump a déclaré aux journalistes qu'il soutenait cette action en justice : « C'est moi qui ai dit de le faire. » Un porte-parole du ministère a affirmé que l'agence prenait « les mesures nécessaires » pour qu'une « candidature frivole » ne porte pas atteinte à l'intégrité du scrutin. Le candidat nie avoir cherché à détourner des voix ; la Cour suprême de l'Alaska l'a autorisé à figurer sur le bulletin en juin, où il apparaît sans étiquette partisane.
Les critiques viennent de tous bords. La sénatrice républicaine Lisa Murkowski, l'autre élue de l'Alaska au Sénat, a estimé que le ministère de la Justice « n'aurait jamais dû déposer cette plainte ». Les spécialistes du droit électoral ont rejeté l'affaire, la qualifiant de sans fondement : le professeur Derek Muller, de l'université Notre Dame, la décrit comme l'un des pires arguments juridiques qu'il ait jamais vus, tandis que David Becker, du Center for Election Innovation and Research, affirme que l'administration « n'a absolument aucun pouvoir pour dire à l'Alaska quand ou comment certifier » son résultat. Mary Peltola soutient que la conception du bulletin laisse peu de place à la confusion.
Cette plainte intervient alors que la cote de popularité de Trump est au plus bas, plombée par la hausse des prix du diesel et de l'essence pendant la guerre en Iran, et alors que les sondages laissent penser que les républicains pourraient perdre au moins une chambre du Congrès, ce qui freinerait son programme pour ses 2 dernières années de mandat. Des responsables électoraux de tout le pays ont confié à Reuters se préparer à des recours fédéraux susceptibles de perturber la certification. Le premier test sera la décision du tribunal fédéral d'Anchorage, avant le dépouillement des votes prévu le 3 novembre.
Sources
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