dimanche 8 novembre 2026

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ANC au plus bas historique aux locales sud-africaines

L'ANC reste le premier parti sud-africain, avec environ 30,8 %, mais doit former des coalitions dans près de 120 conseils municipaux sans majorité.

Un bâtiment municipal paisible et sa cour dans une ville sud-africaine, en milieu de journée.
Un bâtiment municipal dans une ville sud-africaine, où de nouveaux exécutifs municipaux doivent être formés dans les prochains jours. Illustration.

L'Afrique du Sud est entrée dans la saison des coalitions. Après les élections locales du 4 novembre, qui ont infligé au Congrès national africain (ANC) son pire résultat depuis la fin de l'apartheid, les partis ont entamé des négociations pour former des exécutifs dans environ 120 conseils municipaux où aucune formation n'a remporté la majorité absolue, selon Africanews.

Selon les résultats publiés par la Commission électorale indépendante, l'ANC a obtenu environ 30,8 % des voix. Il reste le premier parti du pays, mais enregistre son plus bas historique. L'Alliance démocratique termine deuxième avec près de 24,6 %, tandis que le parti uMkhonto weSizwe (MK) s'impose comme une force significative avec environ 9,8 %. The New York Times estime que la défaite a fait du mouvement crédité d'avoir mis fin à l'apartheid « un parti politique comme les autres ».

Les négociations sont soumises à une échéance stricte. La loi impose aux partis un délai de 14 jours pour mettre en place des administrations locales opérationnelles, avec à la clé les postes de maire, la présidence des conseils et les portefeuilles municipaux. Dans de nombreux conseils, de petits partis comme les Combattants pour la liberté économique (EFF) et ActionSA pourraient détenir la clé de l'équilibre des pouvoirs.

Ce résultat prolonge un déclin devenu manifeste lors des élections nationales de 2024, quand l'ANC a perdu sa majorité parlementaire pour la première fois depuis 1994. Les scandales de corruption, le chômage et la défaillance des services publics ont érodé la fidélité que son histoire de libération et la figure de Nelson Mandela lui avaient jadis assurée. Dans de nombreuses communes, les habitants évoquent des pénuries d'eau, des coupures d'électricité et la dégradation des infrastructures.

L'analyste Xolelwa Kashe-Katiya a averti que la précipitation dans des négociations complexes pourrait laisser des municipalités gouvernées par des coalitions intrinsèquement fragiles. L'Afrique du Sud a déjà connu de tels arrangements, qui se sont effondrés et ont entraîné des budgets retardés, des projets d'infrastructure à l'arrêt et des changements répétés à la tête des exécutifs, le tout supporté par des communautés qui dépendent des conseils pour les services de base.

Ce qu'attendent désormais les électeurs est plus simple que l'arithmétique : de l'eau au robinet, une alimentation électrique fiable et des conseils qui fonctionnent. Reste à savoir si le patchwork d'accords conclus au cours des deux prochaines semaines permettra d'y parvenir, et si cette élection marquera un véritable tournant, ou simplement un chemin plus encombré menant aux mêmes frustrations.

Sources

Cet article s'appuie sur des reportages de :

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