Ebola en RDC : 5 000 morts, les cas atteignent les voisins
Les autorités font état de 5 026 décès, avec des cas confirmés au Kenya, au Nigeria et en Ouganda, la plupart hors des chaînes de contact suivies.

L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo a tué plus de 5 000 personnes, selon les données du ministère congolais de la Santé rapportées samedi par Africanews et le South China Morning Post, et des cas ont désormais été enregistrés au-delà de ses frontières.
Les chiffres du ministère repris par les deux médias font état de 5 026 décès pour 10 351 infections, soit un taux de létalité proche de 50 %. BBC News cite la même mise à jour gouvernementale, qui fait état de plus de 10 300 cas confirmés et d'un taux de létalité de 48,6 %, avec huit provinces touchées sur 26. L'Ituri et le Nord-Kivu, dans l'est en proie aux conflits, restent le foyer principal : Africanews y a recensé 9 782 cas confirmés et 4 792 décès.
Le Dr Patrick Otim, responsable de programme à l'Organisation mondiale de la santé, a qualifié ce bilan de jalon tragique, estimant qu'il ne représente pas seulement un chiffre mais des familles et des communautés dévastées par l'épidémie, et qu'il témoigne de sa gravité.
La souche à l'origine de l'épidémie, Bundibugyo, a été déclarée à la mi-mai ; il n'existe ni vaccin ni traitement approuvé. La BBC indique que des essais cliniques sont en cours, tandis que les patients sont traités pour leurs symptômes. Le problème le plus difficile reste de repérer les personnes à temps. Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies affirme qu'environ 80 % des nouveaux cas apparaissent en dehors des chaînes de contact suivies, et Otim indique qu'un tiers des décès enregistrés sont survenus hors des centres de traitement, avant tout test.
La carte régionale s'élargit. BBC News fait état de neuf cas confirmés et deux décès au Kenya ; l'Ouganda a enregistré 20 cas et deux décès au début de l'épidémie, mais aucun depuis août, et les restrictions aux frontières restent en vigueur. Le Nigeria a indiqué que deux cas suspects avaient été isolés samedi et étaient en cours de test, après un cas confirmé en octobre transféré en Suisse. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies juge la probabilité d'une infection pour les personnes en Europe « très faible ».
Il s'agit de la 17e épidémie d'Ebola en RDC, selon l'ONU, et la plus meurtrière, dépassant les 2 299 décès enregistrés en 2018-2020 ; seule l'épidémie d'Afrique de l'Ouest de 2014-2016, qui a tué plus de 11 325 personnes selon l'OMS, a été plus importante. Les équipes de riposte ont également été confrontées à la violence : la BBC rapporte qu'une infirmière a été tuée et un autre agent de santé blessé cette semaine, après que des jeunes de la région ont accusé les intervenants de contaminer les points d'eau, selon Radio Okapi, soutenue par l'ONU. Ce qu'attendent désormais les familles, les responsables aux frontières et les personnels de santé épuisés, c'est un traçage des contacts plus rapide, un accès plus sûr aux zones de conflit de l'Ituri et la preuve que des essais peuvent aboutir à un vaccin avant que des chaînes inconnues ne se propagent davantage. Wide World News a rapporté le moment où les cas ont dépassé 10 000 ; le prochain repère est de savoir si la courbe s'infléchit.
Sources
Cet article s'appuie sur des reportages de :


