Machado remercie Trump pour une « brèche vers la liberté »
De retour à Caracas après 10 mois d'exil, María Corina Machado salue la capture de Maduro par Washington et critique l'opacité d'un accord pétrolier.

Caracas — María Corina Machado, cheffe de l'opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix, a remercié l'administration Trump pour ce qu'elle a qualifié d'ouverture d'une « brèche vers la liberté », quelques jours après son retour à Caracas au terme de 10 mois d'exil.
Lors d'une conférence de presse jeudi, Machado a attribué le mérite de l'opération militaire du 3 janvier au président américain Donald Trump, à son administration et au secrétaire d'État Marco Rubio. Au cours de cette opération, les forces américaines ont capturé le président Nicolás Maduro dans son complexe et l'ont transféré avec son épouse à New York pour répondre d'accusations de trafic de drogue et d'autres chefs d'inculpation, selon CNA. « Grâce à leur vision, leur courage et leur action du 3 janvier, la brèche vers la liberté a été ouverte », a-t-elle déclaré.
Mais elle a vivement critiqué l'accord pétrolier conclu entre Washington et Caracas plus tôt cette année, aux termes duquel le Venezuela remettra 20 % de ses réserves pétrolières aux États-Unis. « Cet accord ne reflète pas le niveau de transparence que la société vénézuélienne réclame », a-t-elle affirmé : une rare fracture publique avec l'administration qu'elle venait de saluer, et qui touche au cœur de l'avenir économique du pays.
Machado avait quitté discrètement le Venezuela en décembre dernier pour recevoir son prix Nobel de la paix, après près d'un an de clandestinité. Elle a déclaré aux journalistes être rentrée pour « mobiliser la société » à l'approche des prochaines élections présidentielles. Selon The New York Times, son retour a été organisé par sa propre équipe, et non par un gouvernement, un signe d'indépendance vis-à-vis de Washington.
Machado a indiqué que Rubio avait présenté une succession d'étapes vers une transition démocratique « qui garantit clairement la tenue d'élections présidentielles en 2027 ». La dirigeante intérimaire du Venezuela, Delcy Rodríguez, a réitéré jeudi la promesse d'élections, toujours sans date : « Il y aura des élections ... avec le monde pour témoin. »
Le premier test sera de savoir si le gouvernement intérimaire de Rodríguez fixe une date. D'ici là, Washington conserve l'effet de levier, ainsi que le contrat pétrolier que Machado veut renégocier.
Sources
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