vendredi 6 novembre 2026

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Newsom commue les 548 condamnations à mort de Californie

Gavin Newsom commue les 548 peines de mort de Californie en perpétuité, jugeant l'exécution d'État « incompatible » avec les valeurs de l'État.

Grillage barbelé et bâtiments bas d'une prison californienne sous un ciel pâle
Un complexe pénitentiaire d'État en Californie, qui abrite l'une des plus grandes populations de condamnés à mort au monde. Illustration.

— Le gouverneur de Californie Gavin Newsom a annoncé jeudi commuer les peines de mort des 548 détenus du quartier des condamnés à mort de l'État en réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle, qualifiant la peine capitale d'« incompatible » avec les valeurs de l'État le plus peuplé des États-Unis.

La commutation générale, l'une des plus vastes de l'histoire américaine, vide un quartier des condamnés à mort parmi les plus importants au monde. Elle intervient alors que Newsom, largement pressenti pour briguer la Maison-Blanche en 2028, s'apprête à quitter ses fonctions après huit ans, selon France 24.

« Aujourd'hui, j'agis conformément à ma conviction profonde et de longue date selon laquelle, individuellement comme collectivement, nous sommes plus forts en tant que société lorsque nous rejetons la mise à mort par l'État », a écrit Newsom dans une lettre adressée « à tous les Californiens », selon CNA. Il reconnaît que « beaucoup de Californiens estiment que ceux qui commettent des crimes brutaux méritent de mourir », mais affirme être arrivé à la conclusion que « l'État ne peut pas moralement les tuer », qualifiant cette décision de « parmi les plus difficiles de ma carrière ».

La Californie n'a procédé à aucune exécution depuis deux décennies, même si ses tribunaux continuent de prononcer des condamnations à mort. Newsom a instauré un moratoire sur les exécutions en 2019, mais des centaines de détenus restaient dans le quartier des condamnés à mort. Les électeurs ont rejeté en 2016 une initiative visant à abolir la peine et, selon la constitution de l'État, la Cour suprême de Californie doit approuver les grâces accordées à toute personne condamnée plus d'une fois pour crime, un obstacle juridique susceptible de mettre à l'épreuve certaines des commutations.

Newsom a expliqué avoir choisi une décision globale plutôt que des examens au cas par cas afin d'éviter de créer « deux catégories de victimes de meurtre : celles dont les auteurs méritent la peine de mort, et les autres ». Il a ajouté : « En tant que gouverneur, je porte seul la responsabilité de cette décision et de ses conséquences, tout comme je porterais seul la responsabilité de chaque exécution. »

L'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), qui affirme que la peine est appliquée avec un biais raciste, a salué cette décision. « Ces commutations traduisent ce que la justice exige : la fin d'une peine raciste, sujette aux erreurs et inhumaine », a déclaré le directeur exécutif Anthony Romero. Les familles des victimes ont été au cœur de l'argumentation de Newsom : il a affirmé prier pour que la décision « sépare enfin le souvenir des victimes de ces crimes du sort de ceux qui leur ont fait du mal ».

L'annonce intervient au milieu d'un vif débat national sur les exécutions, entre les deux tentatives infructueuses du Tennessee d'administrer une injection létale à Christa Pike en septembre et l'annulation par le président Donald Trump, après une vague d'indignation bipartisane, d'un projet de diffusion en direct de l'exécution par peloton d'exécution de Nidal Hasan, auteur de la fusillade de Fort Hood. La prochaine étape est procédurale : la Cour suprême de Californie doit valider les grâces accordées aux récidivistes, et son examen déterminera si les 548 commutations tiendront.

Sources

Cet article s'appuie sur des reportages de :

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