Trump nomme Stephen Miller chef de cabinet à la Maison-Blanche
Le grand architecte de la politique d'expulsions de Trump remplace Susie Wiles à la tête de la Maison-Blanche, suscitant la colère des démocrates.

Washington — Donald Trump a nommé Stephen Miller, l'architecte de sa politique d'immigration d'une grande fermeté, au poste de chef de cabinet de la Maison-Blanche, en remplacement de Susie Wiles. Il s'agit du premier grand remaniement depuis que les électeurs ont confié aux démocrates le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat de cette semaine. Trump a annoncé la nomination vendredi sur sa plateforme Truth Social, qualifiant Miller de « l'un de mes conseillers les plus fiables ».
La réaction des démocrates a été virulente, selon le Guardian. Le sénateur de l'Illinois Dick Durbin a déclaré que « pour Trump, promouvoir ce propagandiste de la haine montre qu'il n'a rien appris », tandis que Chuck Schumer, qui devrait devenir leader de la majorité au Sénat, a affirmé que Trump « n'aurait pas pu faire pire choix ». Hakeem Jeffries, chef de file des démocrates à la Chambre des représentants, qui devrait devenir le premier président noir de cette assemblée, a qualifié Miller de « xénophobe dangereux et extrémiste irresponsable qui a du sang américain sur les mains » et exigé son renvoi. Le gouverneur sortant de Californie, Gavin Newsom, l'a décrit comme « l'un des voyous les plus abjects à s'être glissé dans le Bureau ovale ».
Les républicains sont divisés. Le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Steven Cheung, a qualifié Miller de « vieux de la vieille de Trump », et les sénateurs Mike Lee et Eric Schmitt l'ont salué comme un défenseur de l'ordre et de la loi. Mais le représentant de l'Indiana Marlin Stutzman a déclaré à Semafor que cette promotion était une « décision épouvantable », et Miles Taylor, ancien chef de cabinet au département de la Sécurité intérieure devenu critique de Trump, a estimé qu'il s'agissait d'« une des décisions de personnel les plus dangereuses de l'histoire de notre république ».
Âgé de 41 ans, Miller est depuis longtemps chef de cabinet adjoint et l'un des conseillers de Trump les plus anciens en poste, selon The Hindu. Originaire de Santa Monica, ville progressiste de Californie, il s'est fait connaître comme chroniqueur conservateur combatif à l'université Duke, a travaillé pour le sénateur de l'époque Jeff Sessions et a rejoint la campagne de Trump en 2016. Coauteur du manifeste d'extrême droite Projet 2025, il a conçu le programme d'expulsions de masse qui a marqué la première année du second mandat de Trump, en fixant un objectif de 3 000 arrestations par jour. Il a essuyé de vives critiques après que des agents de l'immigration ont tué par balle deux manifestants à Minneapolis en janvier, et il a dénoncé le rejet par la Cour suprême de son projet de remise en cause du droit du sol.
La Maison-Blanche a défendu ce choix en saluant Miller comme un « acteur clé » de sa lutte contre la criminalité, de sa politique de déréglementation et de sa politique frontalière. Miller s'est dit « honoré au-delà des mots », écrivant sur X : « La mission est désormais plus claire que jamais : combattre de toute notre âme pour soutenir notre président et défendre cette magnifique République. »
Cette nomination annonce une confrontation plutôt qu'une conciliation, après ce que Schumer a qualifié de « défaite historique » de Trump. Le premier test viendra lorsque le nouveau Congrès, contrôlé par les démocrates, entrera en fonction, avec Schumer et Jeffries prêts à diriger des chambres qui ont déjà promis d'examiner la politique d'expulsions que Miller a bâtie.
Sources
Cet article s'appuie sur des reportages de :


