L'Espagne pleure ses 69 morts après la collision ferroviaire
Les secouristes fouillent les débris près d'Urda, après qu'un train Renfe a percuté un Iryo à l'arrêt ; les familles donnent leur ADN.

Tolède — Les secouristes espagnols, aidés de chiens renifleurs et de drones thermiques, ont poursuivi jeudi les recherches dans les débris des deux trains à grande vitesse, alors que le bilan de la collision survenue mercredi dans le centre de l'Espagne s'élève à 69 morts, faisant de cet accident l'une des catastrophes ferroviaires les plus meurtrières d'Europe depuis le début du siècle.
L'accident s'est produit mercredi matin lorsqu'un train de la compagnie publique Renfe a percuté l'arrière d'une rame à l'arrêt appartenant à l'opérateur privé Iryo, près du village d'Urda, à environ 130 km au sud de Madrid. Au moins trois voitures ont été projetées dans un talus. Plus de 100 personnes ont été blessées, dont beaucoup grièvement, selon BBC News.
Un corps supplémentaire a été retrouvé dans la nuit, portant le bilan de 68 à 69 morts, selon le président de la région de Castille-La Manche, Emiliano García-Page, qui a indiqué que 50 personnes restaient hospitalisées. Tolède a reçu 52 des victimes, ce qui a saturé une morgue conçue pour 30 corps et contraint l'armée à improviser une installation, selon CNA. Les familles ont remis des échantillons d'ADN à la Garde civile pour aider à identifier les victimes.
Parmi les victimes confirmées figure Fátima Báñez, 59 ans, ministre du Travail sous l'ancien Premier ministre Mariano Rajoy de 2011 à 2018 et, jusqu'à sa mort, présidente de la confédération patronale CEOE. Julieta Gallego, sauteuse en longueur de 24 ans, a également péri, a annoncé la Fédération royale espagnole d'athlétisme. Un officier de la Garde civile, José Manuel Chacón, 31 ans, a été confirmé mort par la force.
Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national à partir de jeudi. Une minute de silence a été observée dans tout le pays, notamment à la gare d'Atocha à Madrid, et le roi Felipe VI a rendu visite aux survivants dans un hôpital de Tolède. La ligne à grande vitesse Madrid-Séville reste fermée, bloquant des milliers de voyageurs.
Il s'agit de la deuxième collision mortelle à grande vitesse en Espagne cette année : en janvier, 46 personnes ont trouvé la mort dans un autre accrochage entre un Renfe et un Iryo sur la même ligne, et c'est la pire catastrophe ferroviaire du pays depuis 2013. Le fait que les deux accidents impliquent les mêmes opérateurs sur le même tronçon alimente les demandes d'explications, à quatre semaines des élections générales.
La suite relève en grande partie de la procédure, mais elle est chargée sur le plan politique : les enquêteurs doivent déterminer pourquoi le train Iryo était à l'arrêt sur une voie en service, tandis que les opérations de récupération et d'identification des disparus se poursuivent. La prochaine échéance sera les premières conclusions de l'enquête sur l'accident, dont le calendrier n'a pas encore été fixé par les ministres.
Sources
Cet article s'appuie sur des reportages de :


