dimanche 25 octobre 2026

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Washington hésite entre frappe sur l'Iran dès dimanche et accord

Trump affirme que Washington pourrait attaquer l'Iran dès dimanche ou conclure un accord, alors que les forces américaines se renforcent dans le Golfe et que des experts redoutent une escalade.

Navires de commerce et grues dans un port du Golfe au crépuscule
Un port de commerce sur la côte du Golfe, à proximité des eaux où le transport maritime est devenu le principal théâtre du conflit. Illustration.

— Les États-Unis envisagent de reprendre les frappes militaires de grande ampleur contre l'Iran, le président Donald Trump affirmant qu'une attaque pourrait intervenir dès dimanche, ou que Washington pourrait au contraire parvenir à un accord majeur avec Téhéran. Aucun des deux camps n'a lancé d'attaques majeures contre des cibles terrestres depuis début septembre, mais l'accumulation constante de forces américaines dans le Golfe laisse penser que cette accalmie pourrait ne pas durer.

Trump a déclaré que les États-Unis devraient peut-être « finir le travail » contre l'Iran, selon Al Jazeera. La veille, il avait évoqué publiquement un possible nouveau « petit Epic Fury », nom de code de l'opération américaine lancée contre l'Iran fin février, si Téhéran ne concluait pas d'accord, sans indiquer de calendrier.

Une guerre menée en mer, pour l'instant

Entré dans son 9e mois, le conflit s'est installé dans un schéma d'usure en mer. Selon The Hindu, Washington et Téhéran se sont échangé des frappes contre le trafic commercial : les États-Unis cherchent à faire respecter un blocus des ports iraniens, la République islamique tente d'imposer son contrôle sur le détroit d'Ormuz, ce passage étroit par lequel transite une grande part du pétrole mondial.

Cette situation ne satisfait personne. Suzanne Maloney, directrice du programme de politique étrangère de la Brookings Institution, a déclaré à The Hindu que la situation « n'est pas tenable en l'état ». Le blocus « inflige davantage de souffrances aux Iraniens », tout en immobilisant un grand nombre de moyens navals américains. La guerre est aussi impopulaire sur le territoire américain, a-t-elle souligné, notamment parce qu'elle a fortement fait grimper le prix des carburants, un handicap pour le Parti républicain de Trump lors des élections de mi-mandat du 3 novembre.

Maloney a indiqué qu'elle « mise désormais sur la probabilité de frappes peu après les élections de mi-mandat ». Trump, a-t-elle relevé, a publiquement affirmé qu'il ne frapperait pas avant le scrutin, or une frappe avant celui-ci « ne semblerait pas l'aider dans les urnes ».

Porte-avions, Marines et une visite discrète à Tel-Aviv

Les préparatifs militaires, en tout cas, ne sont pas discrets. Trump a envoyé vers le golfe Persique un 3e groupe aéronaval et 10 000 marins et Marines supplémentaires, selon The Japan Times, afin de donner aux commandants davantage d'options s'il décidait de reprendre les hostilités. Il a à plusieurs reprises laissé entendre que ses forces reprendraient les frappes contre l'Iran après les élections de mi-mandat.

Jason Campbell, chercheur senior cité par The Hindu, a recensé les signes : le déploiement prévu du USS Theodore Roosevelt en Asie de l'Ouest, qui pourrait, au moins temporairement, porter à 3 le nombre de groupes aéronavals dans la région ; l'envoi d'une autre unité expéditionnaire de Marines ; une « démonstration de force » de l'armée de l'air israélienne reproduisant les frappes précédentes contre l'Iran ; et un niveau d'alerte élevé pour les forces israéliennes. Washington a également adressé des avertissements aux Américains présents dans la région.

La semaine dernière, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a effectué une visite non annoncée en Israël, pays qui a lancé la guerre aux côtés des États-Unis, où il a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahou, à quelques jours de la campagne de réélection délicate du dirigeant israélien. Les effectifs des bases américaines au Moyen-Orient, durement touchées par les contre-attaques iraniennes, auraient été réduits.

« Il s'agit incontestablement d'un ensemble de mesures vaste si l'objectif est simplement de pousser l'Iran à la table des négociations », a déclaré Jason Campbell, chercheur senior à l'Institut, à The Hindu, tout en mettant en garde : sur le calendrier d'éventuelles nouvelles frappes, il est « impossible à prévoir ».

Une salle de presse vide avec un pupitre et des rangées de chaises
Une salle de briefing à Washington, où les responsables ont donné peu de détails sur la suite. Illustration.

Ce que Washington peut, et ne peut pas, faire

Campbell a averti que les options de Trump sont désormais plus restreintes qu'au début du conflit. Les dégâts subis par les bases américaines de la région, a-t-il expliqué, rendent toute opération terrestre bien plus difficile : selon son analyse, il n'existe aucun endroit sûr où stationner les milliers, et dans certains scénarios les dizaines de milliers, de soldats qu'exigerait une telle opération.

Les analystes cités par The Hindu ont aussi été directs sur le tableau d'ensemble : il est peu probable qu'une solution militaire s'impose à l'un ou l'autre camp dans ce qu'ils décrivent comme un conflit dévastateur. Autrement dit, 8 mois de guerre ont produit un blocus, un détroit disputé et des prix de l'essence plus élevés, mais aucune issue.

La région en subit les premiers effets

Toute nouvelle escalade se propagerait rapidement vers l'extérieur, à commencer par les États du Golfe, qui accueillent les forces américaines et font face à l'Iran de l'autre côté de l'eau, une vulnérabilité examinée dans les reportages antérieurs de Wide World News sur la façon dont les États du Golfe se préparent à un éventuel retour de la guerre. Téhéran a également laissé entendre qu'il pourrait élargir le champ de bataille économique : des responsables ont averti qu'il est prêt à frapper les câbles sous-marins du Golfe.

Le mouvement houthi, soutenu par l'Iran au Yémen, teste déjà les limites. La coalition menée par l'Arabie saoudite affirme avoir intercepté et détruit un missile balistique houthi qui se dirigeait vers Riyad, selon Al Jazeera, tandis que le groupe a demandé aux voyageurs d'éviter l'aéroport international de la capitale saoudienne, qu'il présente comme une cible militaire dangereuse. Campbell a noté que Washington pourrait aussi anticiper des frappes de l'Iran ou de ses alliés houthis, un rappel que l'escalade, si elle se produit, ne sera probablement pas à sens unique. Les efforts diplomatiques pour éviter une reprise des hostilités sont jusqu'ici restés théoriques : un sommet d'Istanbul a récemment appelé à la diplomatie plutôt qu'à de nouvelles frappes, sans effet visible.

Au-delà de la région, les enjeux se mesurent à la pompe et au prix du fret. La perturbation du trafic dans le détroit d'Ormuz a déjà alimenté des coûts de carburant qui pèsent sur les électeurs américains ; un retour aux frappes sur des cibles terrestres mettrait ces pressions à rude épreuve, et avec elles la patience des gouvernements qui réclament depuis des mois la retenue.

La suite

Pour l'heure, tout tient à 2 dates et à 1 seul homme. Trump a évoqué dimanche comme échéance, pour une attaque ou pour un accord, une bifurcation qu'il a définie entièrement selon ses propres conditions. À défaut, les élections de mi-mandat du 3 novembre sont le repère auquel reviennent sans cesse les analystes : le moment à partir duquel, selon les propres sous-entendus du président, la retenue perdra sa valeur électorale. Savoir si Téhéran recevra une offre acceptable d'ici là est la seule question à laquelle les sources n'apportent aucune réponse.

Sources

Cet article s'appuie sur des reportages de :

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